Two Bunnies In Love : "on peut avoir des sonorités assez insolentes"

Il est 18h30, l’heure de l’apéro ! Le mien je vais le passer à la fondation Ricard en compagnie de Julien  et Lucas des Two Bunnies In Love pour parler de leur nouvel EP, Manchester. Avec un son racé et très british, les cinq garçons sont la belle découverte de cette année ! Rencontre avec des jeunes qui n’ont pas fini de ravir nos oreilles…

Déjà, Two Bunnies In Love : une histoire particulière à ce nom de groupe ?

Julien : au début, on s’était dit qu’on allait essayer de trouver une réponse différente à chaque fois qu’on nous poserait cette question ! (rires) Non finalement, en résumé, quand j’étais, au tout début, juste avec mon frère, j’aimais bien la sonorité bunnies. J’aimais bien aussi le côté pas « The quelque chose ». Je me dis que les gens peuvent très rapidement s’approprier ce nom de groupe.

Donc pas de passion malsaine pour les lapins.

Lucas : nous sommes zoophiles ! (rires)

J : Oui, c’est ça ! Non mais pas de passion même si j’ai le souvenir d’en avoir eu au fond de mon jardin quand j’étais gosse.

Alors, Two Bunnies In Love mais vous êtes maintenant 5 !

L : En fait, j’ai rencontré Thibaut parce qu’on était dans la même école de musique à Paris. Il a commencé à me dire qu’il jouait avec son frère et, de fil en aiguille, on s’est mis à jouer ensemble. Après, on s’est dit qu’on voulait étoffer un peu le groupe et c’est comme ça que mon frère Pablo est arrivé avec sa batterie.

Un deuxième EP nommé Manchester : un titre lié à vos références musicales directes ?

J : Pas directes non. Enfin, on a forcément des groupes du coin qui nous inspirent. La véritable histoire de ce titre c’est qu’un jour on faisait des jams et je me suis mis à chanter « Manchester is in my head ». Et je pense qu’inconsciemment, Manchester suscite pas mal de fantasmes par rapport, c’est vrai, à la musique, à l’ambiance de cette ville.

Et sur la pochette de l’EP, qui est cet homme ?

Two Bunnies In Love : "on peut avoir des sonorités assez insolentes"

J : Aaaah ! En fait, cette pochette s’est faite assez simplement : notre manager est venu rendre visite à nos parents et, à un moment, il est tombé sur une photo de mon père. C’est donc lui avant de jouer un match de foot à 26 ans environ. En l’occurrence, c’était en Angleterre. Donc ils ont trouvé ça logique.

L : Tu as quand même oublié de mentionner que ton père jouait à Manchester United quand même ! (rires)

Ah c’est donc ça ! Avec Cantona, non ?

J : Voilà oui ! Avec quelques années de différence ! (rires)

Les titres de Manchester sentent la crasse et l’insolence, la provocation et la punk attitude. Vous êtes des mauvais garçons dans la vraie vie ?

L : Ouais, on est ultra bad boys !

J : Oui, on démonte tout ! (rires) Non mais on sait être fous sur scène mais on n’est pas des méchants. Mais je pense qu’on peut avoir des sonorités assez insolentes, oui c’est le bon mot.

Surtout que les bad boys font rarement des « ballades » comme « You & Me ». Avec toujours cette touche d’irrévérence quand même… D’ailleurs son clip, on en parle ?

T : Volontiers ! (rires)

Parce que du coup je me suis penchée dessus, sans jeu de mots. (« You & Me » étant un clip montrant un lapin et une lapine prenant du bon temps, entre autres, les deux garçons se mettent à rire.) Pardon, elle était mauvaise.

T : Ah non, je t’assure !

Mais plus sérieusement, c’est culotté de faire une vidéo de ce genre. C’est sûr, vous ne passerez pas sur D17 !

L : C’est plutôt une proposition qu’on nous avait faite et qu’on trouvait rigolote. La chanson a quand même un côté hyper sucré et ça nous amusait d’avoir ce clip pour un peu subvertir le tout. On aimait ce côté un peu Tarantinesque avec ces effusions de sang. Souvent les gens l’apprécient parce qu’il est décalé.

T : Et puis c’est important d’avoir un visuel qui claque. Mine de rien, sans visuel aujourd’hui, c’est dur de sortir du lot.

L : Ça a pu en choquer certains mais c’est du guignol. C’est pour ça que je parlais de Tarantino, on ne se prend pas au sérieux. Tout est carton pâte.

Avec le clip de « Duchesse », changement total d’ambiance avec ce côté classe du noir et blanc et ces looks très britishs rebelles.

L : Tout à fait. Il s’est fait un peu dans l’urgence celui-ci.

T : En une après-midi.

L : C’est ça. On avait vraiment besoin d’images et ça s’est un peu improvisé, le rendu est vraiment bien.

T : Et il y a toujours ce côté sans prise de tête, un peu années 80 avec le playback et le petit effet à la fin où l’on découvre le système. C’était vraiment chouette. Floryane (Sodano) avait été bien inspirée !

Que vous a apporté votre victoire Au Ricard SA Live ?

L : Déjà, j’ai le sentiment que ça nous a permis de bien progresser en tant que groupe. Le fait de jouer sur des grosses scènes et à répétition, c’est bien formateur. Et ça nous a apporté un rayonnement mine de rien. Que du bien donc !

T : Maintenant, ça va être à nous de digérer tout ça et de travailler là où ça ne va pas. Parce que ça a été très rapide : on passe du mode cave / concert à des grosses scènes. On a encore des tas de choses à travailler mais je trouve qu’on a plutôt bien passé l’épreuve du feu.

A quand un premier album du coup ?

J : On ne sait pas trop en fait. Je pense qu’on cherche un peu notre son encore. On est jeunes. On en saura vraiment davantage dans six mois ou un an.

L : C’est ça. On sait globalement ce qu’on veut faire comme musique mais je trouve que c’est intéressant de ne pas partir dans une configuration préfabriquée.

J : On ne s’interdit pas non plus l’opportunité de sortir un second EP très rapidement, histoire un petit peu de préciser des choses et de ne pas se précipiter tout de suite sur un gros format.

Le personnel de Ricard commence à transposer des bouteilles dans la cuisine où nous sommes, l’heure de la dernière question arrive.

Dernière question : vos dernières découvertes musicales ?

L : J’ai écouté pas mal Panda Bear ces derniers temps. Mac Demarco aussi. C’est vraiment bien !

T : Je ne sais pas quoi dire. Dure comme question. Je vais faire de la pub à Théo, cinquième membre du groupe, et qui a son projet personnel : le premier album de Caandides qui n’est pas encore sorti. A suivre !

Propos recueillis par Sarah Ethève.

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