Que la vie de chroniqueur musical est difficile ! Recevoir quantité de nouveautés toutes plus intrigantes les unes que les autres, pouvoir écouter des albums avant tout le monde… Nous sommes vraiment à plaindre !
Plus sérieusement, tout passionnés que nous soyons, il n’est pas toujours facile de s’y retrouver dans la jungle dense des sorties hebdomadaires. Et nous qui avons à cœur de faire partager nos découvertes musicales, sommes tous sujets à la même angoisse : celle de passer à côté d’une perle. Mais heureusement,  des artistes reconnus ont le bon goût de les dénicher à notre place. C’est le cas d’Amateur Best, dont le nom à consonance « porno cheap » n’aurait surement pas attiré mon attention s’il n’avait pas été accolé à ceux de Chilly Gonzales (dont il a été le batteur) et de The Shoes (qui l’ont invité à collaborer sur leur dernier album).  De tels parrains, ça attise la curiosité !

C’est donc confiant que je lançais The Gleaners, nouvel album de celui qui officiait il y a quelques années sous le pseudonyme de Primary 1.
« Rely », le morceau d’ouverture, ne fit qu’ajouter à mon enthousiasme. Une petite balade dépouillée à première vue inoffensive mais qui imprègne dès la première écoute. Vous savez, ce genre de mélodies que tu te surprends à fredonner à peine après l’avoir découverte et qui sont la marque d’un talent d’écriture certain.
L’album se poursuit avec « 19 », dont l’humeur enjouée tranche avec la mélancolie du précédent morceau mais qui affiche le même goût pour la sobriété et la même qualité d’écriture. Et le reste de l’album est à l’avenant. Une succession de titres subtils et dansants qui fuient les effets pompeux pour affirmer leur propre vision de l’élégance pop.

Bien entendu, on ne manquera pas de comparer Amateur Best à ses aînés. En effet The Gleaners rappelle dans ses intentions tantôt les premiers Metronomy (« Leviathan »), tantôt I Created Disco de Calvin Harris (« Marzipan »). Et il ne faut pas entendre cela comme un reproche car on a tendance à l’oublier mais oui, avant de devenir une usine à soupe, Calvin Harris avait sorti un premier album de très bonne facture ! Enfin, je digresse… Et puis ces comparaisons s’avèrent bien inutiles tant la musique d’Amateur Best affirme une singularité réjouissante tout au long d’un opus sur lequel rien n’est à jeter.

En résumé, The Gleaners n’est pas ce qu’on pourrait appeler un « grand album de pop » mais plutôt une de ces pépites que l’on imagine vouées à demeurer confidentielles mais qui deviennent des classiques instantanés pour quiconque les écoute. Prions donc pour que le nombre d’heureux initiés continue d’enfler. Parce que la musique d’Amateur Best fait du bien. Tout simplement.

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