Ça y est, l’été a commencé ! Et cette année encore, on a passé ces premiers jours ensoleillés (littéralement) à Solidays. Beaucoup de nouveautés dans cette édition 2016 : 5 hectares de terrain en plus, une guinguette, un espace solidaire remanié, des scènes réagencées,… On n’a presque failli perdre nos repères. Mais après quelques ajustements, c’est ravi que nous sortons de ces 3 jours à l’hippodrome de Longchamp. Plutôt que de vous faire trois live reports pas forcément bien funs, on a préféré vous livrer nos coups de cœur de cette année. C’est parti !

Solidays : retour sur nos coups de cœur de cette édition 2016

Pouvoir Magique – vendredi 24 juin

Il aura fallu attendre une heure du matin pour commencer à vibrer dans cette nouvelle édition de Solidays. Le responsable de ce plaisir sonore ? Le duo Pouvoir Magique. Avec un tel nom, ça ne pouvait être que puissant. Contrat rempli pour les deux sorciers officiant par ailleurs chez les Mawimbi. Entre rythmes africanisants et beats bien sentis, Pouvoir Magique a livré un set de haute volée sur la scène du Nova Mix Club : petits et grands, enivrés et détenteurs de la pancarte « Sam », ça a chaloupé sévère sur des samples de la queen Calypso Rose ou encore les vibrations d’un batuk freak énergique. Le sourire jusqu’aux oreilles, les deux acolytes ont électrisé un vendredi soir peu attractif d’un point de vue programmation. Et on leur dit un grand merci !

Solidays : retour sur nos coups de cœur de cette édition 2016

Bigflo & Oli – samedi 25 juin

Pour cette deuxième journée à Longchamp, le soleil était toujours au rendez-vous et les festivaliers toujours plus nombreux. Après une cérémonie contre l’oubli qui nous a quand même mis un petit coup, on décide de rester devant la scène Paris pour reprendre du poil de la bête. On n’avait absolument pas prévu de voir les deux frères de Bigflo & Oli. On ressort de ce live le cœur plein d’espoir. Pourquoi ? Parce qu’on se dit que non, le rap en France n’est pas mort. Oui, il y a une alternative aux PNL, Vald et autres Booba. Et que, surtout, on peut sortir un bon rap sans traiter toutes les femmes de putes et parler de son chichon fraîchement roulé toutes les deux phrases. Eh oui, pendant que certains comparent le Duc à Rimbaud, le duo démonte tout avec son flow. Véritables orfèvres de la rime, Bigflo & Oli jouent avec les mots pour le plus grand plaisir de la foule qui répond du tac au tac. Plus qu’un concert, c’est un véritable show que nous a concocté le duo toulousain (un chouille trop bavard parfois) : on danse, on chante, on rit, bref, on passe un superbe moment en compagnie des frérots et de leur copain beatboxer. Véritable multi-instrumentistes, les toulousains nous prouvent d’une bien belle manière que leur son « C’est pas du rap, C’est de la musique ».

Solidays : retour sur nos coups de cœur de cette édition 2016

Calypso Rose – samedi 25 juin

Quoi de mieux pour se remettre de cette belle découverte qu’une déambulation au gré des sons ? Ça tombe bien, il y a Nathaniel Rateliff et ses Night Sweats qui groovent bien au César Circus ! Le son est gras, la voix habitée : aucun doute, on a affaire à un sacré band. Mais pas le temps de s’attarder sur le live des américains, rendez-vous à Bagatelle pour le live du classy Keziah Jones. Sans être renversant, le nigérian a démontré une nouvelle fois qu’il était un sacré monsieur et a déroulé ses classiques toujours aussi délicieux (chouette « Beautiful Emilie » avec Selah Sue en invitée).

Solidays : retour sur nos coups de cœur de cette édition 2016

Après cette pérégrination musicale des plus sympathiques, place aux choses sérieuses et rendez-vous au César Circus pour aller voir LA reine du calypso, la bien nommée Calypso Rose. On attendait beaucoup du live de la mamie de 75 ans. Et on n’a pas été déçu ! Une énergie folle à faire pâlir une gamine de 17 ans, un charisme incroyable, Calypso Rose a mis le feu dès les premières secondes de son show. Les titres de son dernier album Far From Home s’enchaînent tandis que les corps se déchaînent et que la bonne humeur remplit le cirque bien trop petit pour le puissant soundsystem de la Queen. On sent bien la patte de Manu Chao sur des productions festives et chaleureuses à souhait qui n’ont qu’un seul et même but : libérer les esprits et faire danser. Et pourtant, avec ses 800 chansons, la native de Trinidad ne parle pas que d’amour et de fête : artiste engagée depuis bientôt 50 ans, Calypso Rose n’hésite pas à s’élever contre les violences conjugales dans le très bon « Abatina » ou contre l’exploitation des domestiques dans « No Madam ». Quand on vous dit que cette dame est grande !

The Shoes – samedi 25 juin

Quelle tristesse de devoir quitter en cours de route la grande fête de Trinidad ! Mais bon, c’est pour un autre live qu’on attend avec impatience : celui des frenchys de The Shoes. Il faut avouer que ce n’est pas forcément le groupe qu’on écoute en boucle à la rédaction. Mais depuis la grosse claque à Europavox à Clermont-Ferrand, on avait hâte de revoir les deux compères sur scène. On arrive alors que les premières notes de « Time To Dance » retentissent dans le Dôme. Et là, c’est parti pour le tourbillon audiovisuel ! Si on peut souvent reprocher des visuels d’illustration sans grand intérêt dans la plupart des concerts, c’est loin d’être le cas du côté de Guillaume Brière et Benjamin Lebeau : les Shoes ont su parfaitement saisir l’esprit de cette génération toute en contraste, biberonnée au rythme de l’Internet et des vidéos les plus WTF. On passe de Nabilla au « au revoir » de Giscard, du lol cats aux images pas très belles d’abattoirs mêlées à celles de KFC. C’est brut, drôle, parfois angoissant mais toujours d’une incroyable pertinence. A l’image de leur son d’ailleurs qui oscille entre les genres sans jamais perdre en intensité. Après ce live formidable, une chose est sûre : les Shoes sont grands.

St Germain – dimanche 26 juin

On l’a attendu comme le Messie en ce dernier jours de Solidays. Non, ce n’est pas de Griezmann dont on parle mais bien de Ludovic Navarre aka St Germain. Quinze ans qu’on n’avait pas entendu parler de ce génie du deep jazz ! Alors dès que les premières notes du magique « Real Blues » ont retenti, on n’a pas pu s’empêcher de lever les bras au ciel pour célébrer le retour du discret DJ. Installé humblement derrière son armée de sept musiciens, St Germain nous a prouvé qu’il était et qu’il resterait un très grand de la musique. Pas de strass, pas de paillettes, Ludovic est là pour une seule chose : le son. Les classiques passent, la foule trop peu nombreuse est en transe (magique « Rose Rouge »), la messe est totale alors que le soleil commence à décliner sur l’hippodrome. Extrêmement bien servi par des musiciens qui font le show, le set nous propulse haut, très haut dans ce son soul-blues africain des seventies. Même si le live ne fût pas parfait de bout en bout, le plaisir fût grand. Et comme dirait l’autre : merci pour ce moment.

Cypress Hill – dimanche 26 juin

Après l’envoûtement au Dôme, place au gros son sur la scène Paris. Au programme ? Les pionniers Cypress Hill et leur hip-hop californien mythique. Autant dire les choses : on n’avait sacrément peur que le groupe ne vienne juste que pour la money. Langues de vipères que nous sommes. C’est simple, les américains ont fait le job. Et sacrément bien ! Devant une foule pas forcément consciente de l’événement qui se passe devant ses yeux, le trio a tout balayé sur son passage avec une classe démentielle. « Insane in the Brain », « Hits From The Bong », les tubes défilent et le public lâche de magnifiques « Fuck that shit ». L’apothéose du concert ? le cultissime « (Rock)Superstar » : ça jump de partout, ça balance des bras, ça se chahute gentiment. Well done misters !

Solidays : retour sur nos coups de cœur de cette édition 2016

L’ambiance – les trois jours

Trois ans que nous passons le dernier weekend de Juin à Solidays et trois ans qu’on en repart avec la banane. Tout n’est pas parfait bien entendu et les couacs sont aussi au rendez-vous : l’organisation parfois hasardeuse pour les médias (« il y a eu un bourrage papier donc c’est pour ça que les bracelets ne sont pas encore là ! »), beaucoup plus de monde que les autres années qui nous empêche de tout le temps profiter, un son pas toujours de qualité (surtout à la scène Bagatelle)… N’empêche, il n’y a pas à dire, la bonne humeur et la simplicité demeure omniprésente au fur et à mesure des éditions.

Solidays : retour sur nos coups de cœur de cette édition 2016

Ici, on n’est pas regardé de la tête aux pieds toute la journée, on ne reste pas blasé devant du bon son. Ici, on se fait de grandes embrassades, on danse, on discute avec les bénévoles, on fait un tour à l’expo Sex in the City, on va voir les assos. On PROFITE. Donc s’il y a bien un mot pour résumer ce festival, c’est bien MERCI.

Credit photos : Camille Boutoulle

Une réponse

  1. Kiersten

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