Martin Mey, c’est comme le bon vin. Plus il vieillit, plus il est bon. Et là, on peut dire que le cru Mey est arrivé à maturité. Un son pop-folk tout en nuances, une voix prenante et pleine d’émotion, le marseillais a su s’installer dans l’élégance musicale il y a un peu plus d’un an avec son album bien nommé, Taking Off. Depuis, Martin continue d’explorer les sons et de brouiller les pistes. Dernière sortie en date ? Un EP de remixes inventifs qui fouillent les genres pour mieux les sublimer. C’est aussi ça le talent de Martin Mey : inspirer les autres avec ses morceaux mélancoliques et aériens. Chapeau.

C’est en live que nous retrouverons avec grand plaisir Martin Mey le vendredi 18 mars au Trois Baudets pour le festival Paris Music. C’est à cette occasion que nous avons demander au frenchy de nous concocter une NP Tape. A l’arrivée, une sélection qui nous emmène loin, très loin au pays du bon son. Le mot de Martin : « je me suis rendu compte qu’il y’avait beaucoup d’instrumental dans mes inspirations, coups de cœur, écoutes du moment (et de toujours), alors je me suis dit que j’allais carrément faire une playlist sans paroles. En fait, je travaille tout le temps beaucoup le chant, la voix et ses arrangements, mais je m’inspire beaucoup de musique sans paroles, je réfléchis à en faire aussi, même s’il y’a de la voix… Mais le texte n’est pas toujours indispensable, une simple mélodie peut suffire et libérer totalement l’imagination de l’auditeur… Et pour écrire des chansons, ou pour accompagner mon quotidien, j’écoute beaucoup de choses qui n’en sont pas, des chansons ! »

Camille Saint-Saëns – Le Cygne (Le Carnaval des Animaux) : une des cassettes préférées de mon enfance, un chef d’œuvre de violoncelle… Et l’on ne doit pas avoir peur de la musique « classique », il faut plonger dedans puis se laisser flotter.

GoGo Penguin – Hopopono : un morceau sur lequel j’ai complètement bloqué depuis des mois… Il doit y avoir un lien avec le suivant.

Avishai Cohen – Eleven Wives : un morceau sur lequel j’ai complètement bloqué depuis des années… Tout comme le précédent, ça transporte tellement ; c’est très compliqué à jouer mais très simple et beau à écouter.

Gustavo Santaolalla – Iguazu : sublime mélancolie… Magnifique instrument, le charango, et ce que Gustavo Santaolalla en fait.

Ennio Morricone – Once Upon a Time in the West : un classique intemporel… Et cette voix qui me bouleverse toujours.

Bobby McFerrin & Yo-Yo Ma – Ave Maria : deux héros pour moi… Bobby & Yo-Yo, une voix et un violoncelle, Bach & Gounod.

Air – Talisman : une parfaite chanson… sans paroles.

Dark Sky – In Brackets : un clin d’oeil à Gaël, mon partenaire dans le projet électro Ghost of Christmas… Pour ceux qui ne choisissent pas entre pied droit et broken beat.

Ramsey Lewis Trio – The ‘In’ Crowd : souvenir d’enfance, happy old school jazz… Pour l’amour du swing et du clap-dans-tes-mains.

Keith Jarrett – Lalene : un artiste fondamental pour moi, notamment avec le Köln Concert évidemment et cet album, Facing You… Du piano qui brille, qui claque, qui chante.

Nina Simone – You’ll Never Walk Alone : la grande Nina, même quand elle ne chante pas… Ça reste la grande Nina, quoi.

Nils Frahm – Says : chef d’œuvre de poésie sans paroles, démonstration d’arpeggiator qui transporte… Ecoute en boucle, inspiration et émotion totale pour moi.

Un grand merci à Martin Mey de s’être prêté à cet exercice en apparence ardu. Et au petit clin d’œil Simonesque.

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