Marika Hackman by Pip for Dirty Hit Records

En concert le 16 février pour le festival « A Nous Paris Fireworks » dans la salle du Badaboum, Marika Hackman sortait son nouvel album We Slept at Last le même jour.  Nous pouvions donc nous entretenir avec en fond, une actualité riche et palpitante pour l’artiste.

Tu as 23 ans et pourtant l’album sonne très mature. Qu’est-ce qui t’as fait comprendre que c’était le bon moment pour écrire et lancer l’album ?

Cela faisait longtemps que j’attendais de le sortir mais il y avait beaucoup de travail qui était nécessaire. J’expérimentais beaucoup parce que je voulais vraiment qu’il soit parfait. Depuis mes quelques années d’activité, mon jeu de guitare et ma voix se sont améliorés donc j’ai su que c’était le bon moment. Être en tournée et écrire étaient deux de mes grandes activités pendant ces deux dernières années, rien ne pressait donc. Je ne voulais pas regarder en arrière et regretter ce que j’avais proposé et trouver que ça sonnait naïf.

Marika Hackman interview - Now Playing Magazine WSL
(Pochette du nouvel album, We Slept at Last)

Sur « Skin » tu as collaboré avec Sivu et tu as aussi participé au morceau « Warm Foothills », sur le dernier album de Alt-J. Comme toi, les deux sont produits par Charlie Andrew. Est-ce que mêler ses artistes est quelque chose qu’il fait volontairement afin de créer une cohésion dans son travail ?

C’est quelque chose qu’il aime faire. Il apprécie notre musique et on approuvait déjà ce que chacun des artistes faisait, respectivement. Je pense que lui et nous voyons les choses de la même manière, c’était donc naturel. Ça le rend joyeux de voir sa petite famille jouer ensemble.

Sur « Animal Fear » on peut entendre des effets sonores pouvant s’apparenter à une course-poursuite, un peu comme dans Bip Bip et Coyote. Est-ce que la thématique reliant les cartoons et la fuite étaient recherchés sur le morceau ?

Je regardais beaucoup les vieux Looney Tunes quand j’étais petite. « Animal Fear » parle d’un chasseur et de sa proie, d’être l’animal que tu es, incapable de te contrôler. Quand on enregistrait, j’avais ces bruits dans ma tête alors on est allé chercher quelques extraits sonores sur internet.

Dans un monde où l’objectivation de la femme est de plus en plus importante, est-ce difficile d’être prise au sérieux et appréciée simplement pour sa musique ?

D’après ma propre expérience, j’ai trouvé cela très difficile parce que les gens se concentraient sur des choses qui ne sont pas importantes à mes yeux. Certains trucs en rapport avec la mode qui sont arrivés il y a deux, trois ans. Il y a même quelqu’un qui m’a envoyé un message sur Facebook pour me dire qu’il n’aimait pas la façon dont je me présentais physiquement. Dans le milieu musical, les femmes sont étiquetées en tant qu’artiste « féminin », tandis que ce n’est pas le cas avec les hommes. Pourtant nous sommes tous des compositeurs/interprètes, il n’y a donc aucune raison que l’on soit séparé ou catégorisé. Je trouve ça dommage que des jeunes filles de 9-15 ans soient influencées par des clips dégueulasses, soit disant féministes.

Est-ce que les morceaux tristes que tu composes sont pour toi un moyen d’aller de l’avant ou bien il t’arrive de te perdre en eux ?

C’est sûr qu’ils libèrent. Le fait d’en parler, d’écrire. Le problème c’est que ça peut aussi vite devenir un cercle infernal. C’était comme un tourbillon dans ma tête pendant une certaine période, vraiment des moments difficiles. Je ne veux pas me sentir comme ça toute ma vie, j’ai envie d’être heureuse. Ces morceaux t’aident à te sortir toute cette merde de la tête. Par contre, c’est très facile de tomber dans cette spirale de composition, il faut donc penser à se renouveler. Tout ce que je te dis là c’est un des sujets que j’aborde très souvent avec mes amis ces derniers temps.

now playing marika hackman itw


On ressent une forte énergie des 70’s dans tes morceaux, presque nostalgique. Aurais-tu voulu vivre à cette époque ?

Je suis heureuse de l’époque dans laquelle je vis. C’est génial, il y a plein de musiques différentes. Le seul truc qui manque, c’est quelque chose de nouveau. Quelque chose que les gens n’aimeront pas instantanément et qui prendra plus de temps à être considéré.

Nouvel album, We Slept at Last, sorti depuis le 16 février 2015.

Propos recueillis par Vangelis Pavlidis

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publié.