Ça y est, nous sommes déjà au troisième et dernier jour de ce MaMA Event qui a été, encore une fois, une belle expérience. On est fatigué, on ne rêve que d’une chose, notre lit, mais on a encore pas mal de concerts à voir. Alors on ne faiblit pas, on s’avale cette cafetière de café et on repart à l’attaque pour un final en apothéose.

Kid Wise

Après le très bon live à Solidays en juin dernier, nous étions plus qu’impatient de retrouver les petits de Kid Wise. Un peu trop peut-être ? Toujours est-il que nous ressortons de ce set avec un sentiment mitigé. Pourtant, les choses avaient plutôt bien commencées : un son puissant, un chanteur habité à la voix profonde, les Kid Wise nous mettent de suite dans l’ambiance. C’est beau, maîtrisé et foutrement ambitieux. Mais voilà, pour une raison que l’on ignore, les Kid Wise ont la fâcheuse tendance à mettre en plein milieux du set leur morceau « Funeral ». Envoûtant sur galette, ce titre a malheureusement stoppé la machine toulousaine alors que le public était en train de se chauffer. Malgré un final époustouflant, nous aurons dû mal à nous remettre dans le bain. Pourtant, les garçons n’ont pas démérité avec un batteur souffrant d’une tendinite au bras et un chanteur ayant un orteil foulé. Allez, on les aime bien ces bonhommes. La prochaine sera la bonne.

Ropoporose

Après ce live en demi-teinte, on file à la Boule Noire voisine pour découvrir un duo qui nous intrigue beaucoup, les Ropoporose. Frère et sœur dans la vie, Pauline et Romain nous prouvent qu’il n’y a pas forcément besoin d’un quatuor à cordes ou d’une cavalerie de musiciens pour envoyer du son. Flirtant avec une multitude de genre, le duo nous bringuebale entre tempête rock furieuse (turbulent « Moïra ») et douceur surf-pop (beau « Day of May »). On aime cette batterie qui cavalcade, ces lignes de guitares qui s’entremêlent, cette voix parfois à la limite du faux mais bizarrement touchante. On vous conseille vivement leur premier album Elephant Love.

MAMA EVENT 2015 : DAY 3

Heymoonshaker

On n’a pas le temps de voir le final du duo bien inspiré, retour à la Cigale pour aller voir nos copains des Heymoonshaker. On n’avait pas vraiment prévu de les voir ce soir. Tout simplement parce qu’au bout de huit concerts passés ensemble, on commence à connaître la formule. Mais les copains ne connaissent pas le duo phénomène, ce serait bête qu’ils ratent ça. Arrivée donc dans une salle bien remplie et déjà chauffée à blanc alors que résonne le beatbox de Dave et la voix cassée d’Andy. Pour ceux qui ne voient pas encore de quoi on parle, Heymoonshaker c’est, on cite, « the only beatbox blues album in the world ». Et c’est surtout à chaque prestation, une claque monumentale devant la virtuosité de ces deux meilleurs potes à la complicité plus qu’évidente. Comme dirait Robert Johnson, ils ont le démon du blues les deux britishs, assurément ! Ajoutez à cela des physiques plus que sympathiques et vous obtenez le groupe qui a fait chavirer cœurs et jambettes de la Cigale ce vendredi soir.

MAMA EVENT 2015 : DAY 3

Question d’un de mes acolytes : « il y a un sample derrière ? » Non, c’est juste le magicien Dave Crowe à l’oeuvre. Poussant sa technique jusqu’à la limites des capacités humaines, Dave se transforme en véritable instrument au service du bon son. Le moment qui fait définitivement basculer le public ? Le solo beat box dubstep du garçon. Cinq minutes incroyables où Dave nous « présente » les nombreuses voix dans sa tête. Une schizophrénie musicale comme ça, on en veut bien une autre dose !

MAMA EVENT 2015 : DAY 3

Maïa Vidal

C’est dans la salle intimiste des Trois Baudets que nous avons rendez-vous pour le quatrième concert de la soirée. Sur scène, Maïa Vidal et sa pop colorée, teintée d’électro. Accompagnée de deux multi-instrumentistes discrets mais talentueux, Maïa pétille par sa fraîcheur et sa gaucherie attendrissante. C’est doux, rêveur et fichtrement beau. De « Islands of You & Me«  à « The Tide », en passant par l’incontournable « Follow Me », on se laisse aisément transporter dans l’univers romantique de Maïa. Loin de n’être qu’une simple chanteuse au joli minois, la franco-américaine se révèle être une formidable bidouilleuse de bon son, aussi à l’aise sur son clavier que sur son autoharpe. Un mot : bravo.

MaMA Event 2015 : Day 3

Sly Johnson

Il est 23h, direction le Divan du Monde pour le Couscous Clan de Rachid Taha. Lui, on veut vraiment le voir. Apparemment, on n’est pas les seuls. Une belle foule s’amasse devant la salle. Que fait-on ? Bravons-nous la horde pour se retrouver coller à nos congénères ou battons-nous en retraite ? La deuxième option est prise. Après, il est dommage de finir un si beau festival sur cette note d’inachevée. Allez, si on allait danser sur les rythmes effrénés du portugais Batida au centre FGO Barbara ? Ok c’est loin mais c’est sur le chemin de la maison. Gonflé à bloc, nous voilà bravant le froid et les énergumènes nocturnes du quartier Barbés. Et là, patatra, une connaissance croisée lors de notre périple nous annonce la nouvelle : Batida, coincé dans on ne sait quel pays, ne pourra pas faire son set. Deuxième ascenseur émotionnel de la soirée. Bon, on est presque arrivé au centre, autant jeter une oreille au concert en cours. Et qu’est-ce qu’on a bien fait !

MAMA EVENT 2015 : DAY 3

Sur scène, un mec bien baraqué seul avec sa petite table de mix, le bob sur la tête. On a un peu peur, le seul autre « artiste » avec un bob que l’on connaisse, c’est Gradur. Il n’aura fallu que de deux petites minutes pour nous rendre compte du talent monstre du monsieur. Lui, c’est Sly Johnson, ex Saïan Supa Crew, beat boxeur, Dj, rappeur, bidouilleur à la recherche constante de la bonne formule sonore. Et on peut dire qu’il l’a trouvée. On n’a jamais été bien fan de ses albums. Mais en live… Avec une classe et un charisme impressionnant, Sly joue avec les sons, avec cette voix d’une musicalité incroyable. Si on devait trouver un penchant français à Bobby Mc Ferrin, ce serait lui sans aucun doute. A l’aise dans tous les styles, mister Johnson nous reprend avec brio le fameux « Retrograde » de James Blake, nous fait danser sur un titre très james brownesque. On cherchait un final parfait pour clôturer cette édition 2015 du MaMA. On l’a eu.

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