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2013 serait l’année de Vanessa Paradis ? Elle campe sur nos panneaux publicitaires depuis le début de l’année, en effet elle est l’égérie de la campagne printemps/été de la marque suédoise H&M (H&M Conscious). En Octobre 2013, elle sera sur nos grands écrans auprès de Woody Allen, Sharon Stone dans Fading Gigolo, film réalisé par John Turturro. Bon, à Now Playing, on ne fait pas les potins, mais là on est obligé d’en parler : sa séparation récente avec l’acteur Johnny Depp. Cette année représenterait-elle un tournant dans la vie de la chanteuse ?

6 ans après Divinydille, Love Songs arrive dans nos bacs, ce 6ème album serait-il l’album de la maturité ? On vous parlait de son retour ici avec le single « Love Songs » qui hante nos ondes depuis quelque temps déjà.Vanessa Paradis revient en grande pompe, un double album, un réalisateur de poids : Benjamin Biolay, un duo inattendu avec Carl Barât, des plumes qui promettent des titres de grande qualité : Mathieu BoogaertsBen RicourCarl BaratMickaël FurnonÉléphantAdrien Gallo (BB Brunes), ainsi que Johnny Depp et leur fille Lily Rose … Bref, vous l’aurez compris, un album qui marque une étape dans la vie de la chanteuse, artistiquement parlant ou non.

Love Songs s’ouvre sur un titre assez intimiste et minimaliste « L’Au-Delà », la voix de Vanessa Paradis nettement mise en premier plan, légèrement écorchée et grave, sans pousser dans les aigus. Elle est apaisante, calme, cette chanson est une très jolie caresse musicale, qui laisse présager 19 autres titres tout autant surprenants. Suit sa fameuse « Love Song », pop séduisante et enivrante  surement le titre où la patte de Benjamin Biolay se fait le plus sentir. « C’est Quoi ? », on assiste à une ribambelle de questions, importantes ou non, retranscrites comme elle sont dans la tête de la chanteuse « C’est quoi, ce que je veux, c’est quoi, ce que je crois, c’est quoi, ce que je veux pas … ». Un titre assez touchant et troublant.

Plus léger et enjoué, suit « Les espaces et les sentiments », composé par François Villevieille du duo Eléphant, un titre entraînant qui fleure bon la nouvelle scène française. « Prends Garde à Moi », le titre parle de lui-même, une mise en garde, comme pour annoncer son renouveau, la belle sait sortir les griffes quand il le faut « Si tu me prends de haut, si tu crois ce qu’en disent les journaux, alors prends garde à moi … » « Tu Pars comme On Revient », une nouvelle love song sous forme de constat, de bilan sur l’être aimé. Arrive« The Dark It Comes » duo assez inattendu, puisqu’il a été écrit, composé et interprété en duo avec Carl Barât (ex-_chanteur de The Libertines), ce titre chanté en anglais est sombre, et amène une touche de rock assez piquante qui permet un sacré contraste avec les jolies balades du reste de l’album.

« Rocking Chair », sur fond jazzy, la chanteuse pousse la chansonnette, une voix nonchalante, comme relaxée à se balancer sur un rocking chair, elle se rappelle ses plus beaux souvenirs. « Station Quatre Septembre » :  surement réducteur, vrai ou non, dès que Vanessa Paradis chante d’un amour résolument terminé, on pense immédiatement à Johhny Depp. Cela n’empêche pas une chanson d’amour subtile, simple, et pleine d’émotions « Même au siècle prochain j’en parlerais encore, même au siècle prochain j’en pleurerais encore … »  

« Tu Vois C’ Que Je Vois », à travers ce titre on retrouve une Vanessa Paradis pleine d’enthousiasme et enjouée, enfin un peu de gaieté et de légèreté.  Dès les premiers accords, on penserait à Matthieu Chédid, mais non « La Crème » est revue à toutes les sauces par la chanteuse « Je dis merci à la crème du temps … » De très jolis jeux de mots s’y dégagent, Vanessa Paradis prouve qu’elle peut tout chanter, léger ou non, elle se l’approprie et en fait de délicieuses balades.

« Le Rempart », sur fond de violons, Vanessa chante ses craintes, ses peurs avant sa séparation avec l’amour de sa vie. Suit « Mi Amor », gros gros contraste où on retrouve un titre à la Bliss, rock, chanté avec une certaine désinvolture dont elle sait si bien faire. Arrive le fameux titre« New year », assez particulier puisqu’il a été écrit et composé en famille avec Johnny Depp et leur fille Lily Rose. Une nouvelle année pour une nouvelle vie ? Mais à travers ce titre, le couple prouve que leur amour est certes terminé, mais sans déchirures ni haine, ils restent unis artistiquement du moins. « Tu Si Na Cosa Grande », après l’Anglais, l’Espagnol, place à l’Italien, sur fond de guitare, Vanessa Paradis reprend un titre phare du rital Domenico Mudegno et en fait une jolie balade. Il ne manque plus que les grillons, le soleil, et on s’y croirait presque. Après le soleil Italien place aux « Sombreros » qui cachent la peine de la belle. « Etre Celle », écrite avec son acolyte Benjamin, Vanessa Paradis chante à nouveau sa mélancolie, fait un point sur elle, sur l’état actuel de sa vie, qui est-elle vraiment ?« Doorway » à nouveau interprété en anglais, une chanson envolée, légèrement jazzy.

« La Chanson Des Vieux Cons », quant à elle utilise un ton délicat pour des paroles tranchantes, « C’est une chanson, une chanson pour les vieux cons, comme moi petite conne d’autrefois … » un subtile contraste, on a bien à faire à une nouvelle Vanessa Paradis, entre nous, vous l’auriez vu chanter cela il y a quelques années ? Impossible de faire un album avec Benjamin Biolay sans chanter en duo avec lui, comme pour conclure en beauté ce carnet de Love Songs, ils interprètent « Les Roses Roses ». Un dialogue, un rendez-vous donné entre deux inconnus, galant ou non, il respire la séduction et la simplicité « Ok mais rendez-vous un peu plus tard que la dernière fois, j’ai du travail j’ai du retard et je préfèrerais chez moi … » Comme un petit air de « Brandt Rahpsodie », aux côtés de Jeanne Cherhal où les artistes dialoguent, et nous montrent comment un couple peut se détacher, et devenir un inconnu aux yeux de l’autre.

Vanessa Paradis a chanté ses love songs comme elle le désirait, sans chichis, ni niaiseries. Elle nous a montré qu’il s’agit bien de termes universels, il n’y a pas qu’un seul type de chanson d’amour, la preuve ici puisque chaque morceau retranscrit un sentiment amoureux, un état psychologique ou physique, tout peut y passer, du moment que la sincérité et les sentiments sont là. On assiste un joli virage musical de la part de la chanteuse, très bien accompagnée, on a affaire à une femme peut-être plus mûre, plus sûre d’elle, peut-on parler du fameux « album de la maturité » à 40 ans tout juste passés ? Peut-être. Certains diront d’elle que le savoir-faire de Benjamin Biolay y est pour beaucoup, et alors ? C’est ça aussi la musique, des collaborations, des échanges musicaux, du partage.

A propos de l'auteur

Camille

Toujours une musique qui résonne dans sa tête, Camille la Nantaise a compris bien tard que la musique faisait tout simplement partie de sa vie, oui oui. Une grosse préférence pour la scène française mais pas que, privilégie l'originalité et les associations incongrues des genres musicaux. Collectionneuse invétérée d'artoyz, a toujours un appareil polaroid sous le bras, et la pâte à tartiner spéculos est son amie. Twitter : @Camille_Barraud

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