Ibibio Sound System

Pour son deuxième concert à Paris, Eno Williams, meneuse d’Ibibio Sound Machine a profité pour répondre à nos questions en ce qui concerne d’où vient l’Ibibio, sa volonté de recréer l’afrobeat et de ses futurs projets.

Bonjour à vous. Alors première question, d’où est venu le projet Ibibio Sound Machine ?

Le projet est basé sur la langue Ibibio, qui est une langue répandue au Sud-Est du Nigéria. Ma mère et ma grand-père parlaient cette langue quand j’étais enfant. Du point de vue lyrical, Ibibio en est là, tout comme la musique où j’ai été bercé toute mon enfance.

A quel moment vous avez décidé de monter le projet ?

Le projet m’a pris 2 ans pour le monter. On en avait parlé en ce qui concerne l’essence de la musique, le point de vue lyrical et la langue Ibibio avec mes amis. Nous avons également discuté de faire en sorte que coordonner la musique et le son rythmique de la langue Ibibio. Et avec Benji Bouton, autre producteur du premier album, on a beaucoup insisté sur les idées musicales avec bien évidemment l’aide de Max Grunhard et de Leon Brichard. Donc nous nous sommes tous retrouvés, pendant 2 ans, à créer un son unique qui est Ibibio Sound Machine.

Vous êtes née au Nigéria et résidez à Londres actuellement. Vous aviez vraiment envie de jongler avec les deux cultures musicales ?

Tout à fait ! Londres est un second foyer pour moi, et personnellement, je trouve cela très proche du Nigéria. J’ai effectué de nombreux aller-retours entre le Nigéria et Londres et forcément ça marque mon esprit. J’allais au Nigéria pour me détendre et à Londres pour étudier. Du coup, pour moi, cela n’a aucune importance d’avoir une notion entre Londres et Nigéria, mais ça fait du bien de les rapprocher. (sourire)

Je suis une grande croyante et vous savez, mixer et faire correspondre différentes cultures musicales que j’ai choisi d’utiliser me fait du grand bien. Car ce sont des musiques que j’écoutais depuis que je suis toute petite, par exemple, je suis une grande fan de Talking Heads, James Brown pour le côté funk, etc. Parce que d’un côté, les Etats-Unis avaient déjà incorporé ces influences ouest-africaines et ont ajouté leur sauce. Avec Ibibio Sound Machine, on a préféré prendre ces nombreuses influences et créer quelque chose de plus moderne et futuriste à la fois.

Sur cet excellent premier album, vous aviez vraiment voulu maintenir l’héritage de l’afrobeat ou du Nigéria en général ?

Absolument pour moi mettre l’afrobeat au goût du jour, c’est comme amener une nouvelle vie ! Et bien évidemment, je suis au courant de tout ce qui se fait sur la scène musicale nigériane. Comme par exemple, je suis une grande fan d’Ayo, Asa, ou encore Nneka. Ce sont des chanteuses qui aiment mettre au premier plan l’africanisme et ont apporté quelque chose de frais et nouveau et c’est passionnant. Vu que les temps changent et la musique également, donc je prends absolument en compte l’évolution, faire en sorte que ça soit absolument inédit.

Et qu’avez-vous ressenti lors de votre passage aux Transmusicales de Rennes en décembre dernier ?

Ce passage fut absolument un déclic et le public est grandiose, et ça me motive énormément en tant que chanteuse. Pour le coup, on sera beaucoup en tournée en France, surtout à Paris. Nous allons également du côté de l’Allemagne et de la Suisse pour les festivals et aussi le WOMAD à Londres en juillet. Je suis extrêmement impatiente ! (rires)

Et enfin dernière question, quels sont les projets pour l’avenir ?

Avec ce qui nous est arrivé, on pense totalement à faire un second album car vu que la formule a très bien marché, ce serait bien de renouveler l’expérience mais avec beaucoup plus de force et d’assurance. On a une très bonne équipe de management et tout le staff du label qui nous soutiennent jusqu’au bout, tout comme les musiciens talentueux. Avec ça, ça donne envie de faire un nouvel album et je suis déjà prête pour ça.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publié.