Dave East, retenez bien le nom ce rappeur. Enfin, quand on parle de nom, ‘East’ n’est que celui d’artiste, qui représente le East Side d’Harlem, son vrai nom de famille étant Brewster. Celui qui aurait pu démarrer une carrière en NBA a préféré s’adonner à sa véritable passion, le rap, logique quand on a connu les débuts de mois difficile en écoutant Cam’Ron et les Dipset, mais aussi Notorious B.I.G., Nas, Raekwon et les Ruff Ryders. Dave était également proche de Chinx, un rappeur de l’entourage de French Montana assassiné l’an passé.

Laissant de côté les parquets des universités, Dave East se fait les dents en 2010 avec quelques mixtapes pendant quatre ans, avant d’être sérieusement repéré avec celle qui s’appelle Black Rose. C’est à ce moment-là que son nom se fait connaître, qu’il commence à devenir convoité. Le réputé DJ/producteur Statik Selektah l’invite sur Lucky 7 tandis que Nas cherche tout prix à le contacter, d’abord par le biais de son frère Jungle des Bravehearts, afin de le signer en premier sur son label Mass Appeal. Une fois le paraphe en bas des feuilles du contrat un jour de 2015, le buzz s’amplifie et l’harlémite balance Hate Me Now, avec NYC derrière lui pour le pousser et des guests prestigieux (Pusha T, Mack Wilds. Jadakiss…). Le titre de cette mixtape n’est pas sans rappeler le single de Nas datant de 1999. Les choses s’accélèrent un peu plus, XXL le photographie pour le trombinoscope de la promo des Freshmen 2016, Nas le place sur la soundtrack du film The Land Cette ascension franchit un nouveau palier puisque la veille de la sortie attendue de sa nouvelle mixtape Kairi Chanel le 30 Septembre dernier, Dave East, 28 ans, entre dans la cour des grands en signant un deal chez Def Jam. Un rêve devenu réalité pour lui.

Kairi Chanel est le nom que porte sa fille née cette année, ce qui va d’autant plus faire évoluer le garçon en matière d’épanouissement et responsabilités personnels, déjà que pour cette mixtape, Dave se base principalement sur son histoire personnelle. Le premier titre s’intitule « It Was Written », de nouveau une allusion à son mécène Nas en prenant l’intitulé de son second album paru en 1996. Dave évoque sur ce morceau les principes qu’on lui a inculqué dans sa jeunesse et cite cette rime « Got dreams Biggie featured me on Life After » qui en dit long sur son rêve de percer dans le rap, une réalité qu’il vit aujourd’hui. Cela s’entend dans son flow qu’il est parti de rien et dans ses textes avec quelle détermination il est prêt à tout pour réussir. Avec des productions signées Mr Authentic, Cardo ou Phonix Beats, cette tape digitale est de nature relativement hétérogène, un point fort comme un défaut démontrant l’aisance de Dave dans plusieurs styles de rap, aussi bien Eastcoast pur et dur (« Keira Chanel ») que crossover (« Slow Down »), en passant inévitablement par l’essai de chant à l’autotune (« Eyes On Me ») et la trap (« Can’t Ignore »). En fait, Kairi Chanel marque vraiment la transition entre la rue et le mainstream, là où se situe très exactement Dave aujourd’hui.

Les guests témoignent bien de sa crédibilité dans la ville de New-York, que ce soient Fabolous ou son idole Cam’Ron (sur « S.D.E. »), même jusque Philadelphie, puisque le vilain garçon Beanie Sigel répond présent. Si la voix de Beans sur « The Real is Back » fait froid dans le dos, c’est parce qu’il a subi une ablation d’un poumon après avoir essuyé un tir de balles il y a deux ans. 2 Chainz et The Game participent aussi, chacun représentant son côté, Sud et Ouest respectivement, afin d’introniser Dave sur d’autres territoires. Tout lui réussit cette année pour Dave East, mais maintenant qu’il est parvenu à l’étape supérieure, la difficulté va se corser et c’est là qu’il va falloir tout prouver.

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