susanne

Ce mois-ci sort le nouvel album (sixième, pour être plus précis) de la chanteuse norvégienne Susanne Sundfør, Ten Love Songs. Un coup de cœur personnel. Déciderez-vous de l’adopter aussi ? Je vais essayer de vous en convaincre.

1 – Pour inciter les labels français à sortir l’album :
Autant commencer par où ça fait mal : le nouvel album de la chanteuse norvégienne Susanne Sundfør, Ten Love Songs, est indisponible en France. Vraiment. Demandez à votre Fnac, passez chez Gibert, et vous repartirez bredouille. A l’heure actuelle en France, personne ne semble porter un réel intérêt à cet album pourtant excellent, et c’est bien dommage. Pire, la chanteuse fait une petite tournée en Europe, en passant par la célèbre Scala de Londres, Cologne, Berlin, et bien sûr la Scandinavie… mais rien de prévu sur Paris. Cette chronique a donc pour but de changer la donne. Ou du moins, essayer. Dans tous les cas, l’album sortira probablement chez nous, avec plusieurs mois de retard. En attendant, les ventes ne se feront que par le bouche à oreille et fort heureusement l’écoute est possible sur les habituels Spotify & Deezer.

2- Parce que les précédents albums étaient bons :
Susanne Sundfør n’est pas née de la dernière pluie, elle officie depuis 2006, en sortant son premier album éponyme à l’âge de 21 ans. Elle est à la fois parolière, interprète, pianiste et compositrice. Son univers a bien changé, des sessions de piano de Take One, à l’électronique de The Silicone Veil en passant par l’oeuvre contemporaine et ovni musical en 6 mouvements de A Night At Salle Pleyel. Ainsi, il n’est pas étonnant de retrouver un condensé de toutes ces facettes sur son nouvel album, Ten Love Songs. En somme, la suite logique de The Silicone Veil.

3 – Mieux, les deux premiers singles annonçaient du bon :
« Fade Away » et « Delirious » ont précédé Ten Love Songs, le nouvel album de Susanne Sundfør. Le fait est que ce sont deux electro-pop songs imparables a contribué au bouche à oreille sur la toile. Bien entendu, on a été servi côté déception l’année dernière, du côté de SBTRKT par exemple, distribuant pourtant d’excellents singles au début. Alors, comment ne pas être méfiant ? Pour info, l’album n’a ni leaké avant sa sortie, et n’a aucunement suivi le détestable chemin de ces albums distillant tous les morceaux et supprimant ainsi la religieuse première écoute. Autrement dit, il a fallu découvrir l’album de la meilleure manière possible, à l’ancienne dirons nous. Cela aide.

4 – Elle a acquis de l’expérience de ses récents featurings :
Si, par le passé, Susanne Sundfør faisait des apparitions plus en tant que choriste ou harmonie vocale (« Baboon Moon » de Nils Petter Molvaer), elle est depuis mise sur le devant de la scène en prenant le rôle du featuring principal. En dehors de la Norvège, le grand public a ainsi pu la découvrir sur les titres de Röyksopp (« Running To The Sea » et « Save Me »), M83 (« Oblivion ») ou Kleerup (« Let Me In »). Pleins de tubes electro pop, poussant ainsi la chanteuse à être mise en avant avec sa voix sur ce genre de production : la preuve que les deux éléments fonctionnent ensemble à merveille.

5 – Cette voix, non mais cette voix :
Si le public norvégien est tombé amoureux de la chanteuse en 2006 avec le titre « Walls », ce n’est pas que pour son talent devant un piano, c’est cette voix, si spécifique. Susanne Sundfør est clairement une chanteuse à voix, et beaucoup s’y casseraient les dents en essayant de la reprendre. Ici, sur certains morceaux, la puissance de la voix de la chanteuse s’accentue avec une double tonalité : en effet, en tendant l’oreille, on remarque qu’elle chante sur deux tonalités pour accentuer certains passages (refrains, par exemple). Sa voix est unique et reconnaissable. No vocoder needed.

6- Elle est norvégienne :
La chanteuse s’installe dans un paysage musical déjà très riche, celui de la Norvège. Le pays nordique a réussi à exporter certains de ses noms au niveau internationale, à savoir Röyksopp, Annie, Erlend Øye et tous ses projets, Biosphere (qui faisait partie du groupe Bel Canto), ou encore Todd Terje. Une grande famille rassemblée entre les grandes villes de Norvège, Oslo au centre. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cette liste d’artistes est bourrée de talents, avec un style electro pop typiquement nordique. Ten Love Songs s’imprègne de ces sonorités.

7- Parce que M83 vous manque :
Oui, M83 est bel et bien présent sur ce Ten Love Songs ! Fort de leur rencontre pour le titre « Oblivion » présent sur la bande originale du film du même nom, la collaboration s’est étendue sur deux titres de l’album de la chanteuse, à savoir « Slowly » et l’épique « Memorial« , de 10 minutes. Sur ce dernier morceau, on reconnaît indéniablement la patte du français sur les cinq premières minutes, avec la rythmique qui n’est pas sans rappeler « Oblivion », justement. En vérité, « Memorial » était un morceau qui traînait plus ou moins depuis quelques années, seulement au piano jusque là. Anthony Gonzalez y a donc ajouté sa petite touche à la production. La deuxième partie du morceau vous emmènera très loin, avec un passage de piano, un autre digne d’une bande originale avec ses cordes, jusqu’à s’achever en reprenant la synthèse des premières minutes. C’est là toute la magie dont la chanteuse a le secret.

8- Les productions sont riches et variées :
Ce qui est bien avec cet album, c’est qu’il évite l’avalanche de tubes tout en restant cohérent, quitte à amener l’auditeur sur différents chemins. Les ballades ne sont pas mielleuses, les pop songs jamais trop faciles. La variété donne à l’album l’impression d’un « vrai » album, pourtant bien serré dans son modèle de 10 chansons. Certains moments vous surprendront même, comme l’étrange mais ô combien réussie pièce électronique à part entière « Insects«  qui fait office de conclusion à l’album.

9- La construction de l’album va vous surprendre :
Alors là, c’est purement en fonction des goûts de chacun. « Memorial« , la pièce centrale de l’album, est bel et bien une piste de 10 minutes. Si vous êtes allergiques à ce genre de chose, vous risquerez de trouver la suite de l’album on ne peut plus bizarre. Surtout si vous êtes un fan de M83, qui a pour habitude de mettre les pistes longues en fin d’opus. Au choix.

10- Ça parle d’amour… mais sans tomber dans le cliché :
Susanne évoque dans ses textes l’amour, c’est écrit noir sur blanc. Mais elle le fait en évoquant l’amour passionnel, l’intensité d’une relation aussi bien que la sexualité derrière, comme le laisse entendre les paroles de « Memorial » ou le personnel « Trust Me« .

En définitif, l’album electro-pop que je vous conseille ce mois-ci, sans hésitation possible.

tenlovesongs

Photo originale : Micky.

A propos de l'auteur

Rédacteur Electro

Graphiste et boulimique de musique à ses heures perdues. Est tombé sur la musique électronique quand il était petit.

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Une réponse

  1. Romain

    Bonjour,

    Je l’ai découverte en écoutant l’excellent Röyksopp. Depuis, je ne peux plus m’en passer. Elle a une voix démente, qui nous emporte à chaque opus. Je trouve en effet dommage qu’il n’y ait aucune date de concert en France, ne serait-ce qu’un passage lors d’un (des nombreux) festival(s). Pour les albums, la commande en ligne reste le meilleur choix.

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