Cela fait quelques mois que je suis tombé, par le biais de ma chère amie estonienne, sur ce duo anglais qui ne cesse de m’impressionner à chaque nouvelle écoute. Ainsi, samedi soir dernier, le Tamanoir de Gennevilliers organisait une soirée à en faire frémir le public branché parisien. Jugez plutôt : Buvette, Grand Blanc et donc, Labyrinth Ear.

Après les synthés vintage très sympathiques de Buvette et un live énergique et intelligemment produit de Grand Blanc , c’est au tour des anglais de se lancer,  sur les coups de 23h30 mûrement passés.

Alors que nous ne sommes qu’une poignée à être resté, Labyrinth Ear entame son live. Pourtant, le duo anglais ne s’en soucie guère et joue le jeu, certes en retrait du devant de la scène mais laissant Emily vaquer à quelques pas de danse. Qui a dit qu’une salle plutôt vide était mauvais signe ? Plus personne après le concert. Ils enchaînent une setlist assez étrange, alternant quelques uns de leurs morceaux les plus connus, tout en choisissant de ne pas en jouer d’autres, mais aussi au profit d’un nouveau titre fort prometteur. Ainsi, pas de « Snow White » par exemple, mais on se retrouve avec les magnifiques « Amber », « Amethyst Days » ou « Humble Bones » dans une version moins « dansante » que sur l’EP. Leur musique, à la fois froide et chaleureuse, procure un étrange sentiment de satisfaction car le duo possède une patte certaine, alternant aussi bien les morceaux planants remplis de poésie que des pépites électro parfaites pour se dandiner, comme le tube « Navy Light », sorti il y a déjà 6 ans.

C’est cette année-là, en 2010, que le duo a commencé à sortir de la musique, pour un petit moment sans l’aide de label, juste par eux-même. Il en sera de même pour le second EP, Apparitions, peut-être leur meilleur travail tant les quatre morceaux présents sont formidables et lorgnent aisément en haut du panier de l’electro-pop de ces dernières années. Leur musique parlera à n’importe quel amateur de musique electro-pop : c’est catchy, arty, bien pensé et bien produit, permettant la contemplation aussi bien que le remuage (léger) du popotin. Alors, forcément, en 2014, le duo se voit offrir l’opportunité de se faire épauler par un label pour sortir leur album, The Orchid Room, que je vous conseillerais en édition deluxe pour le magnifique inédit « Bitter Almonds ». La voix d’Emily continue d’emporter l’auditeur sur d’autres territoires et la variété des instrumentations n’a clairement aucun mal à se hisser au niveau des productions d’artistes islandais (le côté organique de Björk parsème intelligemment les morceaux des londoniens, par exemple). Fermez les yeux le temps d’écouter « Marble Eyes », ou regardez le clip et embarquez pour un voyage lointain. Si l’on retrouve quelques-uns des morceaux de leur précédent EP sur l’album, celui-ci prend plus son temps pour se dévoiler au fil des écoutes, par le biais d’interludes de qualités et de morceaux précieux comme le marbre.

Après leur album sorti en 2014, nous n’avions plus vraiment de nouvelles du duo et fort heureusement, ce concert ainsi que le nouveau morceau laissent présager des sorties imminentes. En attendant, vous pouvez vous procurer un peu de leur douceur nocturne gratuitement sur leur site internet (les morceaux datent de 6 ans et sont toujours emprunts d’une fraîcheur bienvenue). Bien que le milieu soit saturé, Labyrinth Ear fait clairement partie de ceux sur lesquels il faut désormais compter.

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crédit photo : Cédric Oberlin

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