Un couplet sur « Pinocchio » de Nero Nemesis de Booba fin 2015 et le buzz de Damso a vite pris de l’ampleur aux six coins de l’hexagone. À tel point que le jeune belge s’est vu signer sur le label du rappeur de Boulogne pour -déjà, 6 mois après- nous proposer son premier album sous l’écusson 92i : Batterie Faible.

Le projet commence par la patate de forain qu’est « Périscope » sur lequel il fait du sale. L’application (tristement) rendue célèbre par le footballeur parisien Serge Aurier et sa « fiotte » d'(ex)-entraineur Laurent Blanc. On se dit alors qu’on tient peut-être ici un album concept (batterie faible, application de téléphone, tout ça voyez). En fait non. « Débrouillard », qui était un des premiers single révélé, nous renvoie une deuxième droite dans l’abdomen avec un « trap type beat« . Le morceau « Exutoire » nous permet de souffler et d’apporter un brin de légèreté en ce début d’album, cela concorde avec la première production assurée par le rappeur provenant de Belgique et sur laquelle on apprend que ce dernier a un faible pour la musique d’Agnès Obel.

Seul dans le coin, accusé à tort, je suis ni Charlie ni djihadiste
Maîtresse m’en veut car je suis noir comme Dark Vador
Maîtresse est-elle raciste ?
Y’a pas meilleur abri que le ventre d’une mère
Pas de meilleur appui qu’un feat légendaire
J’te le dis, c’est pas tout seul que je me suis fait
J’te le dis, c’est bien tout seul que j’vais me les faire

Une légèreté, ou plutôt une musicalité que l’on retrouve également sur des pistes comme « Amnésie », « Autotune » ou encore « Beautiful » qui est réellement scindée en deux parties avec une transition et une montée en rythme intéressante. Au-delà de cet aspect purement musical, c’est réellement le niveau d’écriture qu’il faut aussi savoir souligner pour « Amnésie » et « Autotune ». Dans le premier morceau Damso compte le déroulement de sa première aventure « amoureuse », qui ne l’était pas pour lui mais qui a pourtant eu un impact indélébile sur sa vie… un titre à découvrir et qu’on ne spoilera pas ici. Sur « Autotune », Damso nous parle une nouvelle fois de deux aventures amoureuses sexuelles sur fond d’autotune, évidemment. Une réel plaisir auditif, une douceur pour l’ouïe, un clafoutis pour les oreilles. Un morceau qui a d’abord pas mal contribué au buzz entourant la sortie de Batterie Faible, merci aux Twinsmatic pour cette production.

Elle voulait qu’on s’aime mais je n’voulais pas
J’étais l’dernier à faire le premier pas
Plus les années passent et plus lourde est la tâche
J’la trouvais pas bonne et j’voulais qu’elle le sache

Au-delà d’une plume quelque peu bourrine adepte de la sodomie (c’est fait pour interpeller l’auditeur d’après l’intéressé), Damso propose avec ses flows divers une variété salutaire et un format court (12 titres seulement) qui passe comme une lettre à la poste. Tantôt un débit agressif aux punchlines grossières, tantôt des vers posés en poussant la chansonnette. Parfois même un mélange scientifique des deux (« Graine de Sablier »). Rares sont ceux qui maîtrisent cet art comme le rappeur belge en fait la démonstration sur Batterie Faible, un premier essai chez 92i réussi et qui a satisfait la plupart des attentes.

Batterie rechargée, vous pouvez débrancher le périphérique en toute sécurité.

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A propos de l'auteur

Evidji
Rédacteur Hip-Hop

Camé au hip-hop depuis le plus jeune âge, j'aime aussi les animaux et la bonne bouffe.

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