Action Bronson & Harry Fraud: Saaab Stories, triple A ?

C’est bon, vu la pochette de Saaab Stories, on a peu de chances de se retrouver avec un projet complètement en-dehors de ce qu’Action Bronson, le gros rouquin de Queens, nous propose habituellement, à savoir des épopées à moitié folles. Et cette fois, ça n’est pas un dessin, comme sur son précédent effort Rare Chandeliers, avec The Alchemist. Toujours pas de trace de ses sorties en physique, même si celle-ci est gérée par Atlantic Records.

Justement, on continue dans la série association avec un producteur hyper-actif, cette fois un peu plus underground. Harry Fraud a été appelé sur Saaab Stories pour encore un peu plus d’originalité, on a l’habitude d’un producteur qui aime à se renouveler. C’est avant le deuxième titre « Triple Backflip » et le premier « La musica de Harry Fraud« , que le producteur de Brooklyn se met au travail avec cette association synthés/guitares sans beat sur l’ouverture « 72 virgins » (titre assez choc). On poursuit avec « Triple Backflip » sur des prods bien hautes, « High » comme on dit (« The Rockers » également perché, en accord avec le thème), synthés à l’appui d’un flow toujours à la fois monotone et dynamique. Le hook de Bronson sur « No Time » nous le fait découvrir un peu plus mainstream d’ailleurs, au-dessus de cette basse toute simple mais efficace. Autrement, on part sur des beats  old school (« Strictly for my Jeeps » tiens tiens elle sample « Juicy Fruit » également utilisée (avec plus de réussite oui) par Notorious BIG, un autre gros New-Yorkais), des instrus à l’ambiance inécoutée auparavant sur « Alligator« , pour finir sur le puissant « Seven Series Triplet« , sur lequel Bronson semble se réveiller.

C’est bon aussi, sur Saaab Stories, Action Bronson n’a pas perdu son habileté au micro qui lui permet de dire simplement tout et n’importe quoi puisqu’il illustre chaque rime par au choix, une image crue (« Tryna fuck a groupie bitch right on the hood of the mustang« ), une marque de voiture (ou les deux en une même ligne), un ancien sportif/catcheur (Dikembe Mutombo le spécialiste du contre dans la raquette est cité deux fois par exemple « See me swerving side to side like Mutombo finger« ), ou l’éternelle Marie-Jeanne. Quelques rimes culinaires, mais bien moins nombreuses que sur ses précédents projets. Justement, c’est également le thème développé par Wiz Khalifa, en featuring sur « The Rockers« , un des deux choix de casting du rouquin qui peuvent surprendre. Le deuxième étant Big Body Bes (qui ?). Mais si, souvenez-vous, son cousin, qui occupe toute l’intro de Rare Chandeliers. Des choix qui ne changent rien à la qualité des rimes de l’album. Bienvenus sont Raekwon et Prodigy sur « Seven Series Triplets« , pour un petit moment 100% New Yorkais.

Action Bronson et Harry Fraud  présentent une belle synergie MC/producteur, pour ce qui est un autre projet impressionnant, divertissant, mais au final très court. Triple A ? Non, AA c’est déjà bien ! On a déjà vu Action plus haut.

Un avant-goût avec la folie de « Strictly for my Jeeps » et son clip :

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